Les instituts monétaires en mauvaise posture

Les instituts monétaires en mauvaise posture

Les banques centrales ont peu de marges de manœuvre comparé à ce dont elles disposaient avant la crise de 2008. Aujourd’hui, elles n’auraient pas les moyens de contrer efficacement un ralentissement de l’économie mondiale.

Tentative de rassurement

Mercredi 10 avril, à l’issue d’une réunion du comité de politique monétaire de la BCE, le président de la Banque centraleMario Draghi, s’est efforcé de se montrer rassurant. « Non, la Banque centrale européenne n’est pas à court d’instruments, et oui, elle dispose encore d’une boîte à outils pour soutenir l’économie », a-t-il déclaré.

Lors de ses conférences de presse de janvier et mars, monsieur Draghi affichait déjà cette même sérénité, pourtant ce n’est qu’une façade. Certes, la BCE s’est souvent montrée créative, mais si l’économie ralentissait, ou tournait à la récession, elle aurait du mal à y faire face.

Mais la BCE n’est pas la seule dans ce cas. Elle est touchée au même titre que toutes les autres banques centrales.

« Trop tôt »

Il y a dix ans, les instituts monétaires ont déployé des armes inédites pour éviter l’effondrement du système financier, et relancer l’économie. Elles ont, par exemple, réduit leurs taux directeurs, et lancé des programmes de rachats de dettes publiques et privées. La BCE, pour sa part, a instauré un taux de dépôt négatif : elle s’est mise à taxer les banques sur les liquidités excédentaires qu’elles laissaient dans leurs coffres, pour les inciter à prêter davantage.

Le problème est que le ralentissement observé aujourd’hui intervient bien trop tôt. Les banques centrales n’ont pas eu le temps de remballer leurs armes de crise, que de nouvelles sont déjà nécessaires.

Toutefois, les banques centrales ne sont pas toutes exactement dans la même situation. La Réserve fédérale américaine (Fed), par exemple, a déjà relevé ses taux à 2,50 %, et a commencé à revendre les titres achetés pendant la crise, alors que la BCE a toujours un taux directeur à 0 %.

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