La générosité de Pékin pose problème

La générosité de Pékin pose problème

Mardi 7 mai, à Paris, une conférence internationale rassemblant 45 pays, Chine incluse, s’est penchée sur la question du surendettement des pays en voie de développement.

Pas unique, mais principal fauteur de trouble

« L’objectif n’est pas de stigmatiser un pays, mais, bien sûr, la Chine est un acteur-clé de cette discussion », a déclaré le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.

Le nouveau président de la Banque mondiale, l’Américain David Malpass, a quant à lui voulu rappeler à la Chine « l’importance d’accroître la transparence de la dette, la qualité des projets, la coordination avec les autres donateurs ».

Les organisations internationales vont également en ce sens, en demandant à Pékin de mieux évaluer la solvabilité des pays auxquels il prête. En effet, la Chine a tendance à prodiguer sa générosité sans vraiment se soucier de la capacité des pays à rembourser, ni de la bonne gouvernance de leurs dirigeants, qui parfois agissent dans leur propre intérêt.

Toutefois, la Chine n’est pas l’unique fauteur de troubles. « Il ne faut pas oublier les pratiques contestables de certains créanciers privés », rappelle le ministre français, en citant l’exemple du Tchad, qui s’est lourdement endetté auprès de la société de négoce anglo-suisse Glencore.

« Infrastructures aux visées commerciales »

Les financements chinois, essentiellement tournés vers des « infrastructures aux visées avant tout commerciales et stratégiques », ont d’ores et déjà commencé à entraîner certains petits Etats dans la tourmente.

A Djibouti notamment, la dette publique a presque doublé en cinq ans, et atteint 87 % du PIB. Or, les deux tiers de cette dette sont détenus par la Chine, et certains experts estiment que c’est cette dépendance qui a contraint le petit Etat africain à céder des actifs stratégiques à Pékin. Ce serait ainsi, par exemple, que la Chine aurait pu implanter sa première base militaire sur le continent africain, et ce ne serait pas une première. En 2017, le Sri Lanka, incapable de rembourser ses dettes, avait dû céder le port en eau profonde d’Hambantota à Pékin.

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