Accélération du côté des start-up françaises

Accélération du côté des start-up françaises

La série de levées de fonds à trois chiffres enregistrée ces derniers mois montre que les entreprises françaises passent de mieux en mieux le cap de l’accélération. Un indicateur suivi de près par les pouvoirs publics.  

Depuis le début de l’année, les levées de fond d’enchainent pour les pépites nationales de la tech. 110 millions en février pour la ferme de protéines alternatives Ynsect. 150 millions en mars pour l’acteur de l’e-santé Doctolib. 100 millions le mois suivant pour la plateforme de bricolage en ligne ManoMano. En juin, c’était au tour de Meeroo, une plateforme B2B pour les photographes de réaliser une levée de fonds record de 230 millions.

La nouveauté, ce n’est pas que les entreprises françaises séduisent les investisseurs. « Le nouveau phénomène, confiait  Franck Sebag au journal Challenges, c’est la taille des opérations. » Pour ce spécialiste de l’environnement des start-up, associé chez EY, ce phénomène s’explique par la maturité à laquelle sont arrivées les entreprises françaises, de plus en plus grosses et comptant dans leurs rangs plusieurs numéro un à l’échelle mondiale. C’est le cas de Meero, vingt-cinq fois plus gros que son premier concurrent américain. Cette arrivée massive d’argent des investisseurs illustre le succès croissant de la French Tech. 

Faire de la France un paradis pour les start-up

La French Tech, qu’est-ce que c’est ? Le nom est en train de devenir une façon pour les médias de désigner les entreprises françaises évoluant dans le secteur des (plus si) nouvelles technologies, un peu comme on parle parfois de la Silicon Valley pour désigner les entreprises américaines du secteur. Mais à l’origine, il s’agit d’un réseau initié en 2013 par la ministre Fleur Pellerin, un label qui permet de réunir les membres de l’écosystème français des start-up, partout dans le monde. C’est aussi une série d’initiatives et de programmes, dotés de financements propres, pilotée par une mission en lien avec Bercy.

Là où sa première mouture visait à fédérer l’écosystème et identifier les besoins de ses acteurs, la mission French Tech  est passée à la vitesse supérieure depuis l’élection d’Emmanuel Macron. L’ambition désormais est de faire de la France un acteur majeur à l’échelle mondiale. « Une nation leader qui accueille des entrepreneurs du monde entier » selon les mots de Kat Borlongan, experte du secteur nommée en 2018 à la tête de cet objet institutionnel non identifié, interface entre l’administration et le monde des entrepreneurs, deux secteurs extrêmement codifiés. Le financement de l’hyper-croissance, à savoir la capacité à réunir des sommes supérieures à 100 millions d’euros, figurait à ce titre en bonne place sur sa feuille de route. 

Objectif : scale up !

Car la French Tech s’est dotée d’un maître-mot : scale up ! A savoir la capacité pour les start-up françaises à croitre assez rapidement pour occuper des positions fortes à l’échelle européenne, voire mondiale. Pour peser dans le monde des technologies où tout va très vite, la France doit être capable de se doter de géants… au risque que ses pépites ne soient rachetées par des mastodontes étrangers. 

Cela passe par une série de mesures destinées à répondre aux besoins spécifiques d’un secteur avide en capitaux et en travailleurs qualifiés. Côté financement, il s’agit de créer « un cadre d’investissement qui doit vous permettre d’aller plus vite, plus fort », comme l’expliquait M.Macron récemment devant un parterre d’entrepreneurs au salon Vivatech. Il vantait à ce titre la suppression de l’impôt sur la fortune et la flat tax, tout en soulignant les progrès, encore inachevés, réalisés par l’Union européenne dans la construction du marché des capitaux. 

Côté talents, l’objectif est d’attirer les meilleurs, sur un marché où les prouesses de certains programmeurs peuvent se monnayer des millions. C’est tout le sens du French Tech Visa, une procédure simplifiée que peuvent utiliser les entreprises les plus innovantes pour faire venir plus facilement leurs futurs employés recrutés à l’étranger.

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