Pêche au cabillaud en mer Baltique : l’UE met le holà

Pêche au cabillaud en mer Baltique : l’UE met le holà

Mardi 23  juillet, la Commission européenne a prononcé l’interdiction d’urgence de la pêche au cabillaud en Baltique orientale, suite à une demande du gouvernement suédois, début juin.

Même constat

«  Depuis dix ans, les pêcheurs n’arrivent plus à pêcher leurs quotas  », confirme Conrad Stralka, directeur de la fondation BalticSea2020, basée à Stockholm. C’est bien là le signe que les poissons ne parviennent plus à se reproduire, et pourtant « la Commission européenne a fixé un taux de capture de 50  % supérieur à ce que les scientifiques du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) recommandaient » , déplore Conrad Stralka.

Au contraire, le pêcheur Anders Paulsen estime que le manque de poisson est la preuve que la surpêche n’est pas en cause. Selon lui, la cause de ce dépeuplement est due au nématode, un parasite transmit par le phoque au cabillaud.  D’après le pêcheur, les cabillauds sont de petite taille, et quand il les vide, leur foie grouille de petits vers blancs. 

Toutefois, bien qu’ils ne soient pas d’accord sur les causes, pêcheurs et scientifiques en viennent à la même conclusion : jamais la situation n’a été  «  aussi grave  ». 

Bonne nouvelle devenue malédiction

Le développement agricole et industriel des pays autour de la Baltique, au XIXe  siècle, a conduit à une surpopulation de cabillauds. En effet, les déchets déversés en mer ont entraîné une forte concentration en nutriments, qui a contribué au triplement du stock de cabillauds.

Mais  «  ce qui semblait être une bonne nouvelle s’est révélé une malédiction  », note Vesa Tschernij, directeur de projet au centre maritime de Simrishamn, le premier port du sud-est de la Suède. «  Car, tout d’un coup, tout le monde s’est mis à pêcher du cabillaud. Les autorités distribuaient des prêts et des subventions pour développer une flotte industrielle. On est passés de la qualité à la quantité. La vente à la criée a disparu. Tout partait vers les supermarchés.  »

Et les chiffres sont sans appel. Dans les années 70, les pêcheurs attrapaient en moyenne 175  000  tonnes de cabillaud par an, puis 340 000 tonnes dans les années 80, avec un record de 391  000 tonnes en 1984, alors qu’aujourd’hui, les pêcheurs peinent à en attraper 20 000 tonnes.

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