La Russie assoit sa domination sur l’OPEP 

La Russie assoit sa domination sur l’OPEP 

Vendredi 28  juin, en marge du G20 à Osaka, Vladimir Poutine a annoncé le résultat du sommet de l’OPEP, organisation dont la Russie n’est même pas officiellement membre. Une annonce intervenue alors que le sommet en question, qui a eu lieu lundi 1er et mardi 2 juillet à Vienne, n’avait pas encore eu lieu.

«  OPEP +  »

Moscou et Riyad, capitale de l’Arabie saoudite qui dirige de fait l’OPEP, se sont rapprochés en 2016 pour contrer l’émergence des Etats-Unis qui ont inondé le marché pétrolier grâce à leur surproduction de pétrole de schiste. L’idée était que l’OPEP et les autres producteurs contrôlent et réduisent leur production, pour maintenir le baril à un prix élevé. 

Pour les experts, cette nouvelle alliance, surnommée «  OPEP+  » avait peux de chances d’aboutir, mais contre toute attente, Russes et Saoudiens ont trouvé un terrain d’entente, et ont même convaincu leurs partenaires de les suivre.

Et depuis 2016, la Russie joue indirectement un rôle de plus en plus important au sein de l’OPEP, notamment en servant d’intermédiaire entre les deux grands rivaux membre de l’organisation, l’Arabie saoudite et l’Iran. Une place prépondérante confirmée par l’annonce de Vladimir Poutine vendredi dernier.

Pour Helima Croft, de RBC Capital, «  le fait que le président russe lui-même annonce l’accord de l’OPEP est une vraie victoire politique. Cela place la Russie en position de chef d’orchestre.  »

Avantage russe

La Russie dispose d’un gros avantage sur les pays membres de l’OPEP, car son économie est moins dépendante des hydrocarbures. En effet, Moscou peut supporter que le baril descende jusqu’à 60  dollars, alors que l’OPEP a besoin que le prix reste au-dessus de 80 dollars. 

«  Le problème d’inviter des nouveaux dans votre club privé, surtout s’ils sont plus gros que vous, c’est qu’ils risquent de prendre le pouvoir. L’OPEP est en train d’apprendre cette leçon  », commente Julian Lee, analyste chez Bloomberg. 

Mais l’économie russe compte tout de même énormément sur l’or noir. Elle supporterait mal une chute brutale des prix du baril, et c’est pour cette raison que Vladimir Poutine limite la production russe, à l’inverse des Etats-Unis.

Etienne Toussaint a un Master d'Economie. Il est journaliste pour différents médias en ligne. Il est rédacteur pour Confluences.

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