Présidentielle en Côte d’Ivoire : les cartes sont rebattues

Présidentielle en Côte d’Ivoire : les cartes sont rebattues

Mercredi 8 juillet, le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly rendait l’âme. Ce proche d’Alassane Ouattara était pressenti pour lui succéder en octobre prochain. Le parti du RHDP doit lui trouver un remplaçant capable de consolider la politique de réconciliation nationale impulsée par Alassane Ouattara.

Le sort en aura voulu autrement. Premier ministre, protégé d’Alassane Ouattara et candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Amadou Gon Coulibaly est mort à l’âge de 61 ans. Malade du cœur, « AGC » avait pourtant été choisi comme candidat dès le mois de mars 2020, apparaissant comme le favori de l’élection, malgré ses deux mois d’absence pendant lesquels il était hospitalisé en France.

Emmanuel Macron saluait dernièrement « la mémoire et le dévouement d’un grand serviteur de la Côte d’Ivoire, artisan de son redressement économique et ami fidèle de la France ». Un véritable coup de massue pour la Côte d’Ivoire et son peuple. « Ça nous a choqués vraiment […], c’est lui qu’on attendait pour parachever l’œuvre du président Alassane Ouattara », résume un passant. Pour le RHDP, il s’agit de choisir un nouveau candidat à même d’assumer la fonction présidentielle.

Trois options possibles

Au sein du RHDP, trois scénarios sont pressentis : d’abord celui de proposer comme candidat le ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, qui a assuré l’intérim pendant les deux mois d’absence d’AGC et qui présidait son premier Conseil de gouvernement dès le mardi 5 mai. « Je suis fier de la Primature qui, en bonne coordination avec le ministre d’État, Hamed Bakayoko, a fait son travail et a tenu bon. J’ai félicité le ministre d’État pour l’efficacité avec laquelle il a assuré mon intérim ainsi que l’ensemble du personnel de la Primature pour son dévouement », avait précisé AGC peu avant sa mort.

Le deuxième scénario serait de nommer Patrick Achi, secrétaire général du Président de la République, longtemps ministre des Infrastructures économiques, et ami fidèle d’Alassane Ouattara. Enfin, le chef de l’Etat en personne pourrait se représenter pour un troisième mandat. « Si Gon Coulibaly était inapte, Ouattara n’aurait pas d’autre choix que de se porter candidat (…). Cette question est jusqu’ici restée taboue, du fait que le président a clairement montré sa volonté de départ et indiqué qui était son choix pour lui succéder », relatait un observateur.

Alassane Ouattara : un bilan favorable

Si l’incertitude plane sur la présidentielle, la possibilité que le président sortant se représente n’est plus un tabou et pose la question de son bilan. Alassane Ouattara peut s’enorgueillir d’avoir tenu la plupart de ses engagements : entre 2011 et 2020, l’accès à l’eau potable serait passé de 55 à 80%, l’accès à l’électricité de 33 à 80%, et l’accès aux services de santé de 44 à 69%. Par ailleurs, l’école est devenue gratuite et obligatoire jusqu’à 16 ans et une Couverture maladie universelle (CMU) est aujourd’hui accessible pour 3 millions d’ivoiriens.

Du côté de l’opposition, les autres candidats, se disant prêts à assumer la fonction suprême, peinent à convaincre. Henri Konan Bédié, 86 ans, déclare vouloir faire « don de [sa] personne » pour briguer la candidature du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). « Une mission de salut public », qui lui impose « l’obligation d’être candidat ».

L’ancien chef d’Etat Laurent Gbagbo, mis en examen par la Cour Pénale internationale pour « crimes contre l’humanité » commis durant la crise post-électorale de 2010 rappelle pour sa part les heures les plus sombres de la Côte d’Ivoire. Quant à l’ancien Premier ministre Guillaume Soro, il est visé par une plainte déposée à Paris le 7 mai dernier pour « torture » et « assassinat » à l’endroit d’Ibrahim Coulibaly, ancien chef rebelle, en 2011.

Homme fort et gage de stabilité en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara apparaît à ce stade comme le « moins pire » des candidats à la présidentielle d’octobre prochain.

 

 

 

Laisser un commentaire

Green

Pollution numérique : le rapport alarmant du Sénat

En plein débat sur la 5G, les sénateurs français viennent de publier un rapport alarmant sur les conséquences environnementales de ...

À la une

La propagation du Covid-19 aggrave la malnutrition à l’échelle mondiale

Le pire est à craindre dans les pays du Sud, alerte l’ONU, qui évoque un « contexte d’insécurité alimentaire aiguë ...