Vague verte : chez les patrons aussi ?

Vague verte : chez les patrons aussi ?

Les préoccupations environnementales sont de plus en plus au centre du débat et au cœur de l’action politique. Mais aussi des activités économiques, les grands groupes comme Danone ou Microsoft rivalisant de promesses en la matière… « greenwashing » vraiment ?

 Historique. La percée électorale des candidats écologistes lors des derniers scrutins européens et municipaux signe davantage qu’une simple recomposition du paysage politique français. Le fait qu’un nombre inégalé de grandes métropoles aient été ravies par des listes se réclamant de l’écologie témoigne d’une prise de conscience massive des enjeux environnementaux par les citoyens français. Des citoyens qui, après plusieurs mois de crise sanitaire et de confinement, et de plus en plus inquiets pour l’avenir de la planète et de leurs enfants, aspirent tout simplement à « mieux manger, mieux respirer, mieux circuler ».

Si cette vague verte est, pour l’heure, circonscrite en France à l’échelon politique local — là où les solutions (pistes cyclables, espaces verts, tri des déchets, etc.) sont à la fois les plus immédiatement désirables et perceptibles par les électeurs —, la problématique environnementale s’impose néanmoins dans l’agenda national. Hasard du calendrier, les victoires écologistes aux élections municipales coïncident, presque jour pour jour, avec la remise des propositions des citoyens de la Convention pour le climat à Emmanuel Macron. Si le président de la République n’a pas repris à son compte l’intégralité des mesures préconisées, la toute récente nomination de la députée Barbara Pompili au Ministère de la Transition écologique et sa promotion à la seconde place protocolaire du gouvernement Castex démontrent que le message envoyé par les électeurs a été reçu au plus haut niveau.

Ces multinationales qui montrent l’exemple

Ce qui vaut au niveau politique vaut aussi au niveau économique, et depuis plusieurs mois. L’urgence climatique s’est ainsi frayé un chemin jusqu’au forum de Davos où, comme chaque année à la même époque, se réunissaient en janvier dernier les grands patrons du monde entier. Signe des temps, la réunion avait alors été marquée par les discours de Greta Thunberg et du prince Charles, dont les discours, alarmistes, ont renvoyé les décideurs économiques à leurs responsabilités. Conscients des dégâts en termes d’image que peut engendrer le non-respect de l’environnement par leurs entreprises, les PDG des grandes multinationales n’ont pas attendu l’émergence médiatique de la jeune Suédoise pour « verdir » leurs activités — au risque de laisser libre cours aux accusations, parfois non dénuées de fondement, de « greenwashing ».

Certains groupes font néanmoins preuve de volontarisme. L’Américain Microsoft s’est ainsi engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 10 ans. Le géant de l’agroalimentaire Danone a, quant à lui, entamé sa transition depuis longtemps, allant jusqu’à graver les préoccupations écologiques dans le marbre de sa « constitution » interne. « Nous allons inscrire la mission que Danone s’est donnée depuis 15 ans, apporter la santé au plus grand nombre », a ainsi déclaré son PDG, Emmanuel Faber, le 21 mai sur les ondes de France Inter. Annonçant un plan d’investissement de 2 milliards d’euros pour mettre fin aux emballages plastiques et en polystyrène et pour basculer les bouteilles de Volvic et d’Evian vers des matériaux entièrement recyclés, le patron de Danone a balayé tout soupçon de « greenwashing » : « la couche de peinture verte coûtera 2 milliards d’euros à nos actionnaires. Ça fait cher la peinture ». En effet.

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