Côte d’Ivoire : la CEI et les observateurs concluent au bon déroulement du scrutin

Côte d’Ivoire : la CEI et les observateurs concluent au bon déroulement du scrutin

Alassane Ouattara, président sortant de Côte d’Ivoire, a été réélu à un troisième mandat présidentiel avec 94% des voix. Un véritable plébiscite confirmé par la Commission électorale indépendante (CEI). Ce score s’explique en partie par l’absence des candidats de l’opposition qui ont décidé, à la dernière minute, de boycotter le vote, jugé pourtant légal par le Conseil constitutionnel.

94% des voix pour une participation de 53,9% des Ivoiriens. Cette victoire écrasante maintient au pouvoir Alassane Ouattara, 78 ans, un président qui pourtant souhaitait passer le flambeau à son favori : le malheureux Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre et prétendant à la présidentielle sous les couleurs du Rassemblement des républicains (RDR), mort prématurément le 8 juillet dernier.

Une élection perturbée par une opposition appelant à la désobéissance

Le décès inattendu du dauphin du président a redistribué les cartes et amené Alassane Ouattara à se présenter une troisième fois à l’élection présidentielle. Un dernier mandat pensé comme la consolidation d’une politique fondée sur le développement économique et la réconciliation nationale, et la préparation à la « succession ». Prise de cours, l’opposition décida dans un premier temps de se présenter à l’élection, avant de la boycotter et d’appeler à la désobéissance civile. Les opposants à Ouattara, notamment l’ancien président de 86 ans Henri Konan Bédié, appelaient même à perturber et empêcher le déroulement du processus électoral, pourtant validé par le Conseil constitutionnel ivoirien.

Alertées par l’appel à la désobéissance civile de l’opposition et de manière générale par un climat politique extrêmement tendu à l’approche de l’élection présidentielle du 31 octobre, des missions d’observation internationales sont venues en Côte d’Ivoire, afin de surveiller le processus électoral, notamment le vote et le décompte des votes. Le tout dans le contexte sanitaire complexe de la pandémie du Covid-19.

La CEI atteste de la légitimité du processus électoral et des résultats du vote

A cet égard, un consortium de libéraux et de démocrates africains et européens, comprenant des leaders politiques, des parlementaires, des ministres, et des représentants d’organisations de jeunesse, a mené une mission d’observation en Côte d’Ivoire du 28 octobre au 2 novembre. « L’objectif de cette mission était d’observer le déroulement du processus électoral, afin de mieux comprendre le contexte ivoirien, et tirer les enseignements en vue de les partager ».

Veillant au bon déroulement des élections, le président de la Commission électorale indépendante (CEI) a déclaré dans un communiqué que le vote s’était bien passé. « La campagne électorale, s’est déroulée dans l’ensemble, de façon transparente, ouverte et démocratique, dans le respect des dispositions légales relatives à la liberté d’expression et de rassemblement ». Par ailleurs, elle « félicite les organes de gestion et de supervision des élections pour la bonne organisation du scrutin ».

Le refus du jeu démocratique : la garantie de perdre les élections

L’appel à la désobéissance civile lancé par l’opposition fut-il un coup d’épée dans l’eau ?

Si la CEI n’hésite pas à condamner « les violences causées par l’appel d’une partie de l’opposition à la ‘désobéissance civile’, exprime sa compassion à l’ensemble des familles des victimes et appelle les autorités compétentes à traduire les responsables de ces incidents devant la justice », l’Histoire récente du pays montre que le boycott actif est rarement efficace.

Il n’a pas empêché par exemple Henri Konan Bédié d’être élu président de la République en 1995 avec une participation de 56,2%. Il en va de même pour les appels à perturber le processus électoral : le blocage des cartes d’électeurs dans le Nord du pays et la série d’incidents qui ont émaillé les élections départementales en 2002 n’empêchèrent pas une participation faible (28,1%), malgré tout validée, tout comme l’élection de certains maires, toujours en poste aujourd’hui, aux municipales de 2018 avec un taux de participation avoisinant les 23%.

En bref, 100 % des gagnants ont tenté leur chance : le jeu électoral, aussi faible soit-il, récompense ceux qui y participent. Quant à ceux qui le refusent, ou qui cherchent à le contourner ou à le contrarier, ils obtiennent rarement gain de cause dans la rue. Mais les candidats de l’opposition ne semblaient pas l’entendre de cette oreille lors de la dernière élection présidentielle. L’Histoire a parfois tendance à se répéter.

 

 

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