Le lithium, le vilain secret de la voiture électrique

Le lithium, le vilain secret de la voiture électrique

Dans les pays occidentaux, la voiture électrique est vantée comme l’avenir de l’automobile et brandie comme étendard de la transition écologique. Mais sa propreté est loin d’être évidente…

Les politiques publiques semblent se concentrer sur les émissions de gaz à effet de serre sauf que la course aux métaux rares – dont le lithium – cause une énorme pollution minière et menace en parallèle l’environnement.

Le lithium est utilisé dans les batteries de voitures électriques, d’ordinateur et de téléphone. Disposant d’une faible densité et très léger, il peut stocker de grandes quantités d’énergie et être rechargé à plusieurs reprises.

Le boom des voitures électriques booste la demande

Partout dans le monde, les gouvernements et les constructeurs automobiles font la promotion des véhicules électriques et les présentent comme la solution pour réduire la consommation de pétrole et lutter contre le changement climatique.

L’Union Européenne s’est engagée à réduire d’ici 2030 ses émissions globales de gaz à effet de serre de 55 % et a fait de l’électrification des transports une priorité. Aux Etats-Unis, le Président Joe Biden faisait récemment de l’automobile électrique l’un des piliers de son programme de relance. Et Volvo a annoncé la naissance d’une gamme toute électrique pour 2030.

Le lithium est ainsi devenu un enjeu géopolitique majeur. En Amérique et en Europe mais aussi en Chine, la recherche de nouveaux sites d’approvisionnement en lithium s’intensifie afin de soutenir la demande des constructeurs automobiles.

En 2020, la production de lithium est assurée par une poignée de pays seulement : l’Australie (55 %), le Chili (23 %), la Chine (10 %) et l’Argentine (8 %). Les grandes puissances cherchent ainsi à diversifier l’offre afin de réduire les risques et les coûts. Le Portugal offrirait notamment des réserves dont les pays européens entendent bien profiter à l’avenir.

Des véhicules électriques aussi écologiques qu’annoncés ?

Le lithium se trouve en fait dans les dépôts de roche et d’argile sous forme minérale, ainsi que dans des lacs salés. À l’instar du cobalt ou du nickel, ce métal rare est essentiel au fonctionnement des technologies qui composent notre quotidien et qu’on présente comme l’avenir. Ce nouvel « or blanc » est cependant absolument néfaste pour les sols, les eaux, la faune et la flore. Cobalt, lithium ou pétrole : l’industrie minière reste l’une des plus polluantes qui soit.

L’empreinte écologique catastrophique de ce métal a souvent été négligée en partie à cause de cette compétition effrénée entre les grandes puissances. Les batteries lithium-ion ont dominé le marché du stockage électrochimique de l’énergie au cours des 20 dernières années et vu les sommes investies, cela ne semble pas prêt de changer.

Le lithium, remède et poison

L’extraction de lithium mondial nécessite encore de trop grandes quantités d’eau. La production de moteurs électriques est en effet environ 50 % plus consommatrice d’eau que celle de véhicules traditionnels.

De plus, l’empilement de batteries en fin de vie est un défi. Aux Etats-Unis, « alors que 99% des batteries plomb-acide sont recyclées aux États-Unis, les taux de recyclage estimés pour les batteries lithium-ion sont d’environ 5% », racontent Hiroko Tabuchi and Brad Plumer au New York Times.

En France, le tableau est plus optimiste car il est obligatoire de recycler 50% de la masse totale d’une batterie lithium-ion.  Fin juin, Orano annonçait par ailleurs investir 22 millions d’euros sur 3 ans dans la création d’une filière française de recyclage de batteries.

Sortir du lithium ?

Cependant, alors que le lithium a longtemps été présenté comme l’avenir des batteries avancées, l’empreinte écologique, les problèmes de sécurité dans les installations de lithium encouragent peu à peu les fabricants à envisager des alternatives.

Ces dernières années, la recherche sur les batteries rechargeables sans lithium progresse rapidement. L’étude sur les batteries au graphène mobilise les chercheurs en Allemagne et en France notamment. Le géant Tesla s’intéresse à de nouvelles cellules « Anode-Free » tandis que BMW collabore à la mise en œuvre d’anodes en silicone. Mais ces innovations restent au stade d’expérimentation et n’ont pas encore prouvé totalement leur efficacité…

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