Le Roquefort très pénalisé par le Nutri-Score

Le Roquefort très pénalisé par le Nutri-Score

Les professionnels du Roquefort montent au créneau pour dénoncer la généralisation du système d’étiquetage Nutri-Score, qui pénalise grandement les fromages, et en particulier le plus célèbre des bleus de brebis. 

Notation paradoxale

Le système d’étiquetage Nutri-Score consiste à classer les aliments en cinq catégories représentées par les lettres A, B, C, D et E, classées du vert au rouge en fonction de la qualité nutritionnelle de l’aliment.

Mais appliquer cette notation au Roquefort « est paradoxal, estime Sébastien Vignette, secrétaire général de la Confédération générale de Roquefort. Des produits industriels ultras transformés avec des conservateurs peuvent avoir A ou B, alors que nos produits de terroir très naturels sont stigmatisés ».

Préserver « l’histoire de nos produits »

« Les pouvoirs publics envisagent de rendre le Nutri-Score obligatoire à partir de 2022, c’est pour cela qu’on se mobilise. On ressent un sentiment d’injustice, nous sommes les héritiers de recettes ancestrales, avec un cahier des charges garant de qualité », explique Sébastien Vignette. 

« On vit une drôle d’époque où la complexité, la nuance ont rarement leur place, regrette le secrétaire général. L’équilibre alimentaire, l’histoire de nos produits, c’est pas ça ».

Transparence « rationnelle et de bon sens »

Il n’y a pas de «problème de surconsommation de fromage en France», rappelle Sébastien Vignette. Santé Publique France ne devrait donc pas mettre à l’index « le Roquefort et les autres fromages de qualité AOP ». Mais nous ne sommes pour autant « pas dans un combat contre le Nutri-Score, insiste le représentant. S’il est réservé aux produits industriels prétransformés, il est louable d’informer le citoyen. On combat l’application aux produits AOP ». 

« Entre A et E, si je ne connais pas, je vais naturellement vers le A. Pour le Roquefort, ça n’a pas de sens. Le cahier des charges c’est déjà un acte de responsabilité vis-à-vis du consommateur. Le mieux est l’ennemi du bien, abonde le député LREM de l’Aveyron, Stéphane Mazars. La volonté de transparence due au consommateur doit être rationnelle et de bon sens»

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