Coup de frein pour la croissance chinoise

Coup de frein pour la croissance chinoise

L’essoufflement de la croissance chinoise fait craindre un ralentissement de l’économie mondiale sur le long terme.

La reprise économique post-Covid commence à s’essouffler et la stagflation pointe doucement le bout de son nez en Chine. Une situation préoccupante qui ne va pas manquer d’affecter le reste du monde, notamment les pays fortement dépendants de l’empire du Milieu.

L’activité chinoise s’est en effet contractée pour la première fois depuis la pandémie de Covid-19 en février 2020. Au cours du dernier trimestre, de juillet à septembre 2021, l’économie nationale s’est tassée autour de 4,9 % de croissance. Un bond tout à fait honorable s’il concernait un pays européen, mais représentant, hélas, pour la Chine, un chiffre bien médiocre : inférieur aux prévisions, mais aussi au rythme de l’année précédente. La croissance avoisinait alors les 8%.

La croissance chinoise au ralenti

Plusieurs perturbations expliquent ce ralentissement. En premier lieu : la crise énergétique actuelle, touchant non seulement la Chine, mais le monde entier. La flambée des prix des matières premières a en effet causé des pénuries et encouragé l’application de politiques de rationnement affectant grandement les industries énergivores chinoises. Cela ne semble pas près de s’arrêter selon les experts. Qui plus est, la région chinoise fournissant 30% du charbon au pays vient d’essuyer de fortes inondations, creusant le déséquilibre actuel entre l’offre et la demande de matières premières.

D’autres causes plus profondes sont à l’origine de cette croissance en berne. Selon le cabinet Oxford Economics, « la faiblesse de la demande intérieure est un facteur bien plus important du ralentissement de l’industrie chinoise ». Soucieux de réduire sa dette, le gouvernement chinois freine en fait actuellement les investissements des collectivités locales et durcit les conditions d’octroi de prêts bancaires. Et en parallèle, il mène une impitoyable croisade réglementaire contre ses industries technologiques. Une série de mesures, lois et réglementations ont été prises pour obliger les géants de la tech à se plier aux exigences de l’Etat. L’enjeu : permettre au gouvernement de contrôler l’activité des chinois sur internet. Les plates-formes vont donc devoir désormais promouvoir des contenus qui plaisent au gouvernement. Et cette nouvelle, bien sûr, ne plaît pas aux investisseurs.

Représentant 30% du PIB, le secteur immobilier chinois, de son côté, traverse une crise sans précédent : il est contraint de réduire ses dettes pharamineuses. Plusieurs groupes et promoteurs immobiliers clés sont au bord de la faillite ou tout bonnement en défaut de paiement. Basé à Shenzhen, le très puissant China Evergrande Group doit près de 300 milliards de dollars à ses acheteurs, entrepreneurs et investisseurs. La société a remboursé une partie de sa dette la semaine dernière pour calmer le jeu, mais elle n’a pas respecté un certain nombre de deadlines. Ce qui continue d’alimenter les inquiétudes.

Un endettement démesuré

Selon le New York Times, « le sort d’Evergrande a une portée plus large pour la santé de l’économie chinoise à long terme. Les autorités veulent faire passer un message aux acheteurs d’obligations et autres investisseurs. Elles les encouragent à être plus prudents lorsqu’il s’agit de prêter de l’argent à des entreprises endettées comme Evergrande, car le gouvernement ne sera pas toujours là pour les renflouer ».

Les déboires du secteur immobilier pourraient se répercuter sur le reste de l’économie et causer une baisse de la demande dans le domaine de la construction et de l’ameublement notamment. Mais aussi au-delà des frontières chinoises. Le pays est en effet le premier partenaire économique de l’Allemagne par exemple.

La Chine n’est pourtant pas la seule à subir des difficultés. La chaîne d’approvisionnement mondiale a été durablement endommagée par la crise sanitaire. Certains sont à cet égard plus optimistes que d’autres. La cheffe économiste du FMI, Gita Gopinath, déclarait à CBS news : « Nous pensons que le gouvernement chinois a les ressources et la capacité de circonscrire le problème. Ce qui signifie que même si nous assistons à des bouleversements dans le secteur de l’immobilier, ils seront contenus et ne se répercuteront pas plus largement sur l’économie chinoise ». Advienne que pourra.

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