Samsung, Ford, General Motors… La course aux semi-conducteurs s’intensifie

Samsung, Ford, General Motors… La course aux semi-conducteurs s’intensifie

Face à la pénurie mondiale de puces électroniques, Samsung vient d’investir près de 17 milliards de dollars dans la construction d’une usine de semi-conducteurs au Texas. Explications.

Économie numérique, sécurité nationale, innovation… Les puces électroniques sont un train d’acquérir une importance stratégique aussi déterminante que le pétrole au XXème siècle. Utilisées dans les voitures, les téléphones, les ordinateurs ou encore les brosses à dents électriques, elles sont devenues l’atome et le support de l’économie mondiale, leur demande ne cessant de s’intensifier – et cela n’est pas près de s’arrêter.

Une pénurie aux lourdes conséquences

La pandémie de Covid a cependant entraîné un ralentissement sans précédent de leur production. La chaîne d’approvisionnement fut lourdement impactée et la production de véhicules et d’appareils électroniques fut drastiquement ralentie. Le mois dernier, Apple annonçait ainsi avoir perdu l’équivalent de 6 milliards de dollars de ventes au cours du 3e trimestre à cause de la pénurie de puces. Et selon le Financial Times, « l’industrie automobile mondiale pourrait perdre 210 milliards de dollars de revenus cette année ».

C’est pour faire face à cette situation préoccupante que les deux plus grands constructeurs automobiles de Detroit – Ford et General Motors – cherchent aujourd’hui à se lancer dans le secteur des semi-conducteurs, et que Samsung a déclaré cette semaine qu’il allait construire une usine de semi-conducteurs au Texas. Une annonce historique : elle marque à ce jour l’un des plus gros investissements de la société sud-coréenne aux États-Unis et le plus gros investissement étranger jamais réalisé dans l’État du Texas. Située à proximité d’Austin, l’usine devrait être opérationnelle d’ici 2024.

Semi-conducteurs, clés de la souveraineté technologique

Cette décision survient dans un contexte géopolitique mouvementé. La pénurie de puces ralentit en effet non seulement le commerce international, elle soulève aussi de nombreux problèmes en termes de sécurité nationale. La plupart des entreprises dépendent en effet aujourd’hui de puces produites à Taïwan. Et une dépendance trop prononcée à un seul territoire – qui plus est revendiqué par la Chine- est un pari très risqué, que ne peut plus se permettre le secteur, aujourd’hui trop essentiel au bon fonctionnement de l’économie mondiale.

En investissement dans une nouvelle usine au Texas, Samsung entend ainsi non seulement réaffirmer son leadership en matière de puces électroniques, mais aussi diversifier géographiquement les sources d’approvisionnement. « Le vice-président de la société, Kinam Kim, a déclaré que l’entropie avait choisi le site en fonction d’un certain nombre de facteurs », explique le Guardian, « notamment les incitations gouvernementales et l’état de préparation et la stabilité des infrastructures locales. »

De plus en plus menacés face au déclin de leur hégémonie sur les semi-conducteurs, les États-Unis tentent en effet d’attirer la production dans leurs terres et de reverser la tendance. Si le pays a longtemps dominé le marché, la technologie des semi-conducteurs évolue en fait rapidement et nécessite d’investir énormément en permanence.
En 6 ans, la Chine a investi près de 180 milliards de dollars dans le secteur. Et elle pourrait devenir le plus grand producteur au monde dans moins de dix ans. C’est pour pallier cette menace que le gouvernement fédéral américain a récemment annoncé un plan d’investissement conséquent (sous la forme du CHIPS Act) et trois fois plus important que le plan lancé pour trouver un vaccin au Covid-19.

Restaurer le leadership américain dans les semi-conducteurs

Selon le Financial Times, « Caisse noire ou pas, si le CHIPS Act est adopté, il s’agira de l’une des plus grandes expériences d’intervention explicite du gouvernement dans le secteur privé – c’est-à-dire, de politique industrielle – jamais entreprise aux États-Unis », la tradition libérale américaine étant en effet historiquement réticente à l’idée de laisser l’État contrôler les ressources industrielles plutôt que de laisser faire le marché.

L’Union européenne a, elle aussi, pris la mesure de l’enjeu et planche actuellement sur une loi pour défendre sa souveraineté technologique. Selon le Monde, « d’ici à 2030, l’UE ambitionne de produire 20 % des semi-conducteurs dans le monde, soit un doublement de sa part actuelle ».

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