Dry January : le boom des boissons non-alcoolisées

Dry January : le boom des boissons non-alcoolisées

Le secteur des boissons sans alcool et faiblement alcoolisées ne connait pas la crise, bien au contraire. Les ventes de boissons dites « NoLo » explosent depuis plusieurs années.

La consommation globale d’alcool a diminué au cours de la dernière décennie et a donné naissance au marché émergent des « NoLo », c’est-à-dire les boissons sans (« no ») ou à faible teneur en alcool (« lo »). Ces breuvages se cessent de gagner en popularité et sont sérieusement en train de disrupter le marché mondial de la boisson.

Selon le cabinet IWSR, spécialisé dans l’analyse du marché des boissons alcoolisées, les ventes dans la catégorie des boissons NoLo ont augmenté de 17 % au Royaume-Uni en 2020. Une tendance similaire a été observée dans d’autres économies développées comme la France, le Canada et les États-Unis. « La catégorie très dynamique des boissons sans alcool/à faible teneur en alcool a gagné des parts sur le marché total des boissons alcoolisées en 2020, pour atteindre 3 % », soulignait le rapport.

Le boom des boissons non-alcoolisées

En France, les ventes boissons peu ou pas alcoolisées ont connu une progression de 20% entre 2017 et 2018 et de 30,5% entre 2018 et 2019. Les consommateurs sont de plus en plus conscientisés aux risques de la surconsommation d’alcool, mais c’est surtout la pandémie de Covid-19 qui a stimulé la croissance du marché des boissons NoLo. Un phénomène renforcé sur le long terme par la popularité grandissante du défi « Dry January » et l’évolution des habitudes de consommation.

Aux Etats-Unis, « les ventes en ligne de boissons non alcoolisées et faiblement alcoolisées ont augmenté de 315 % au cours des 12 derniers mois, contre 26 % pour les ventes en ligne de bières, vins et spiritueux alcoolisés », a indiqué le rapport NielsenIQ.

Dans Forbes, Dave Deuser, PDG des ventes et du marketing de Radeberger Gruppe USA, remarque que « les ventes sont en augmentation globale depuis déjà sept ans ». Selon lui, « les non-alcools étaient autrefois réservés aux situations où l’on ne peut pas boire : conduite automobile, grossesse, alcooliques en voie de guérison… Aujourd’hui, le consommateur peut boire de l’alcool, mais qu’il n’en a tout simplement plus autant envie.  C’est même devenu cool parmi les jeunes. »

Une offre enrichie

La tendance NoLo répond en fait mieux aux désirs d’un nombreux croissant de consommateurs, sensibles aux enjeux de bien-être et attirés par des boissons aux taux d’alcoolémie, de sucre et de calories plus faibles.

Les sociétés stigmatisant de moins en moins le fait de ne pas boire d’alcool, l’intérêt pour les NoLo augmente donc de jour en jour. Surtout alimentée par les millenials, la croissance de ce segment de l’industrie alimentaire s’explique également l’innovation accrue en matière de sophistication des saveurs, de sourçage d’ingrédients nouveaux/de qualité et bien sûr, de marketing – soit autant d’éléments dont le secteur du commerce et de l’hôtellerie est amené à tirer profit.

Sorti en 2017, la bière sans alcool de Heineken connait ainsi de plus en plus de succès. Mais si la bière sans alcool est sur le marché depuis plusieurs années, il existe aujourd’hui plus d’options que jamais.

Des prévisions de croissance optimistes

Représentant 92 % de tous les produits NoLo sur le marché, la bière et le cidre dominent donc actuellement la catégorie, mais les prévisions suggèrent que le segment des autres boissons sans alcool va gagner en influence. De plus en plus de nouveaux produits – en dehors de la bière et du cidre – sont introduits chaque jour sur le marché. Et c’est la diversité et le dynamisme de cette offre qui soutient en fait la croissance du secteur, notamment dans les gammes de prix élevés.

« Les grandes marques se lancent dans des offres de masse, mais l’innovation concerne le développement d’options non alcoolisées artisanales, aromatisées et diffusées à petite échelle », explique Matt Vincent, propriétaire de Ska Brewing Co et de Ska Fabricating, dans Forbes.

Les consommateurs ne cherchent donc pas l’abstinence, mais la modération. Et s’il est peu probable que les boissons NoLo remplacent complètement la consommation d’alcool traditionnelle, le nombre croissant de consommateurs choisissant de réduire ou de supprimer leur consommation d’alcool devrait continuer à croître dans les années à venir. L’IWSR prévoit que la production (en volume) des boissons sans alcool et à faible teneur en alcool augmentera d’ici 2024 de 31 %.

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