La LFP veut changer de dimension

La LFP veut changer de dimension

Les têtes pensantes de l’instance dirigeante du football professionnel français, au premier rang desquels Vincent Labrune, sont à la recherche de nouveaux financements et de nouvelles compétences. Leur objectif : redonner ses lettres de noblesse à une ligue qui a l’étoffe des meilleures.

Pas de trophées sans budget

En moins d’un siècle, l’industrie du football professionnel a bien changé : celle-ci génère aujourd’hui des milliards d’euros de revenus, chaque match est retransmis puis rediffusé aux quatre coins du globe, à toute heure du jour et de la nuit, et la performance sportive des clubs est désormais directement corrélée à leur puissance financière, ainsi qu’à celle de leur ligue nationale.

Depuis 2005, seulement huit clubs différents sont ainsi parvenus à remporter la Ligue des champions, le trophée le plus convoité d’Europe. La raison ? Ramener la coupe aux grandes oreilles à la maison n’est pas donné à tout le monde, ou plutôt à tous les budgets : « on ne peut pas la gagner juste avec son âme. Il faut un minimum d’argent et aujourd’hui le minimum est déjà très élevé », rappelait ainsi le journaliste sportif Pierre Dorian en avril 2021.

Un constat que l’on peut également faire au niveau national, notamment en France, où seulement 7 clubs ont réussi à inscrire leur nom au palmarès du championnat de football au cours des 20 dernières années. Et, dans la quasi-totalité des cas, il s’agissait d’un des clubs les plus riches de l’Hexagone, exception faite de Montpellier en 2012.

Prenant toute la mesure de cette réalité, Vincent Labrune a donc décidé de mettre les bouchées doubles pour hisser la ligue 1, et ses clubs, au meilleur niveau européen. Au programme : meilleure commercialisation des droits TV, compensation du fiasco Mediapro, remboursement de la dette — qui s’élève aujourd’hui à plus d’un milliard d’euros —, et donc, in fine, amélioration des revenus des clubs et de leur compétitivité sur le plan national et européen. D’après ce dernier, le temps presse : « si on ne peut rentrer de l’argent frais, le Championnat de France deviendra le championnat de Slovénie, avec tout le respect que j’ai pour Ljbubjana », déclarait-il ainsi en décembre dernier.

CVC, Hellman & Friedman, Silver Lake et Oaktree Capital Partners dans les starting blocks

Pour ce faire, l’instance dirigeante du football professionnel français a choisi de céder une participation minoritaire de sa société médiatique et commerciale, perçue comme la « seule bouée de sauvetage » pouvant permettre aux clubs français, qui ont enregistré entre « 600 à 800 millions d’euros » de pertes cette saison, de ne pas sombrer.

Après avoir étudié une dizaine de dossiers d’investisseurs, la LFP a retenu quatre candidats : les fonds CVC, Hellman & Friedman, Silver Lake et Oaktree Capital Partners. La candidature du fonds CVC, pionnier dans le secteur sportif et qui a déjà investi plusieurs milliards d’euros dans le football professionnel, semble indiquer que Vincent Labrune a déjà réussi une partie de son ambitieux pari, à savoir rendre la ligue 1 « sexy » aux yeux des investisseurs les plus expérimentés. Si CVC est un habitué du secteur, dans lequel il a déjà fait ses preuves, les 3 autres candidats ont quant à eux flairé la bonne affaire financière. « La Ligue 1 a le potentiel pour concurrencer la Premier League », dont les droits TV en feraient rêver plus d’un, confiait ainsi Niko Kovac, ancien footballeur international qui a occupé le poste d’entraîneur de l’AS Monaco jusqu’à tout récemment.

Un constant reflétant une réalité des plus paradoxales : l’équipe de France masculine est la sélection la plus performante au monde depuis plus de 20 ans, mais son championnat oscille quant à lui entre la 5e et 6e place du coefficient UEFA. Sans parler du fait que l’Hexagone est, après le Brésil, le pays qui forme le plus de joueurs professionnels au monde. Plus rageant encore, d’après le sociologue Darko Dukic, en 2018, « la plupart des talents [ayant participé] à la Coupe du monde étaient nés en France ». Si le potentiel — sportif et donc financier — est bien là, reste à savoir à qui des 4 candidats encoe en lice, la LFP accordera sa confiance afin de l’exploiter pleinement. Rendez-vous en mars.

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