La filière française des fraises en difficulté

La filière française des fraises en difficulté

En raison des fortes chaleurs ayant touché la France mi-mai, les fraises ont mûri et pourri trop vite, engendrant des pertes records. Certains agriculteurs ont perdu près de la moitié de leur production.

Manque de main-d’œuvre 

Outre la chaleur, les pertes sont notamment dues à un manque de main-d’oeuvre qui a fait que les fraises n’ont pas pu être récoltées dans les temps. « La difficulté aujourd’hui pour les maraîchers cultivant les fraises en sol c’est de trouver des gens assez motivés pour être à quatre pattes et ramasser des fraises sous le cagnard », explique Émeline Vanespen, directrice générale de l’AOPN Fraise de France. 

« Je travaille aujourd’hui avec 52 personnes. Il m’en aurait fallu trois fois plus pendant ces dix jours »,  estime Laurent Dirat, un agriculteur du Tarn-et-Garonne ayant perdu plus de 40 % de sa production totale.

Rôle de la grande distribution

L’agriculteur pointe également du doigt l’impact de la grande distribution, dont il dénonce l’hypocrisie qui consiste à acheter des fraises espagnoles « qui ne sont pas produites dans les mêmes conditions » que les nôtres.

Mais pour  Émeline Vanespen, même si le rôle des grandes enseignes est indéniable, il ne faut pour autant pas leur jeter la pierre. « Proposer des fraises en surmaturité serait très mauvais pour l’image de la filière auprès du consommateur. On ne peut pas en vouloir à la grande distribution », estime la directrice. 

Transformation de la filière

Bien qu’Émeline Vanespen se montre rassurante quant à l’avenir, assurant observer un « retour à la normale », Laurent Dirat est lui bien plus pessimiste, et envisage de réduire sa production de fraise. « Je pense de plus en plus à d’autres produits qui résistent aux fortes chaleurs et qui ont moins besoin d’eau, comme des légumes secs qui viennent du Maghreb », explique-t-il. 

Pour sauver la fraise française, il faut « qu’il y ait une coopération entre les services de l’État et les magasins pour qu’on rentre dans une logique d’entraide et qu’on sorte de la rentabilité à tout prix », conclut l’agriculteur.

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