Les communes déclarent la guerre à Airbnb

Les communes déclarent la guerre à Airbnb

Confrontées à des hausses des prix et des pénuries de logements, de nombreuses stations balnéaires ont décidé de prendre des mesures drastiques contre Airbnb.

Pas assez de places

Sur tout le littoral français, les témoignages se multiplient et se ressemblent, mais la Bretagne semble particulièrement touchée. Entre le Cap Fréhel et Saint-Malo, sur la côte d’Emeraude, la situation est de plus en plus critique. En cause  ? Le nombre croissant de résidences secondaires, qui empêche les locaux de trouver un logement.

« J’ai beau avoir fait la tournée de tous les agents immobiliers et avoir un bon revenu, cela devient impossible de trouver une location sans être fonctionnaire ou en CDI », déplore Louis, patron d’une petite entreprise cherchant un appartement à Saint-Malo. 

Forcé de louer un Airbnb pour se loger, le quinquagénaire se trouve en mauvaise posture à la venue de l’été. « Je payais 850 euros par mois. À partir des vacances de Pâques, l’appartement est loué 900  euros la semaine, détaille Louis.  Pour les propriétaires, le profil idéal, ce sont des étudiants qui rentrent chez leurs parents l’été. La plupart des gens qui travaillent à Saint-Malo vivent à 25 ou 30 kilomètres », explique Louis.

A La Couarde-sur-Mer, sur l’île de Ré, l’école est même menacée de fermeture. « Le phénomène est semblable partout sur l’île, assure d’ailleurs un employé de l’agence immobilière Agim. Nous avons actuellement plus d’une centaine de familles en attente d’une location à l’année ! »

Trop de résidences secondaires

« Chaque année le déséquilibre augmente avec la multiplication de programmes immobiliers en faveur de résidences secondaires, la spéculation liée au tourisme… avec pour conséquence une flambée des prix de l’immobilier impactant le parc locatif privé ainsi que l’accès à la propriété, déplore le collectif Un logement pour tou(te)s en Bretagne. Cette tension constitue un frein au maintien de jeunes actifs et à l’installation à l’année de foyers aux revenus modestes ».

« Il y a 330.000 logements vides neuf mois sur douze en Bretagne, s’indigne Olivier Ferrando, membre du collectif.  Il existe un arsenal de lois à disposition des élus locaux, mais ils ne sont pas toujours connus ni appliqués. À la suite de notre mobilisation, certains maires commencent à se bouger pour réglementer les séjours courts ».

Pour limiter l’attrait des résidences secondaires, de nombreuses communes ont pris des mesures  d’encadrement des locations touristiques de courte durée. Parmi elles, Saint-Malo fait office de pionnière, avec la réglementation « la plus stricte » de France. La cité malouine impose en effet un quota maximal de logements de type Airbnb, limitant à 12,5  % la part de biens pouvant être loués en meublés touristiques. Cette réglementation a toutefois de nombreux détracteurs, et fait déjà l’objet de deux recours pour excès de pouvoir auprès du tribunal administratif de Rennes. Le règlement « anti-Airbnb » de Saint-Malo « limite l’autorisation de ces locations aux seules personnes physiques. Cela exclut les SCI, notamment familiales, et apparaît constituer une inégalité », estime maître Simon Guirriec, qui représente une dizaine de propriétaires malouins. « La réglementation malouine est notamment motivée par la lutte contre la concurrence faite au secteur hôtelier », insiste l’avocat.

Toutefois, bien que pointées du doigt, les résidences secondaires sont un mal pour un bien, et constituent en réalité une aubaine pour les communes, comme le rappelle Géraldine Leduc, directrice générale de l’Anett. Les résidences secondaires supportent « des taux de taxe foncière et de taxe d’habitation plus élevés que les résidences principales », et leurs occupants « consomment très peu de services publics locaux, comme les crèches ou les aides sociales ». Elles permettent donc « de maintenir une activité et des emplois dans les territoires pour un coût dérisoire».

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