Les food trucks boudent les centres-villes

Les food trucks boudent les centres-villes

Ou peut-être est-ce l’inverse ? Quoi qu’il en soit, la concurrence des restaurants et l’absence de volonté des communes de les intégrer au paysage urbain n’ont pas permis aux food trucks de conquérir les centres-villes français. Les « cantines mobiles » privilégient donc désormais les périphéries, ainsi que les événements, publics et privés. 

« Trois vents contraires »

La faible implantation des food trucks dans les centres-villes est d’autant plus étonnante que le concept a tout pour plaire. « Les consommateurs français ont très rapidement adoré le concept. Ce dernier est d’ailleurs particulièrement génial dans le sens où ce n’est pas au client de se déplacer pour chercher le produit, mais le produit qui se déplace pour venir jusqu’à lui », explique Bernard Boutboul, président du cabinet de conseil en restauration Gira Consulting. 

La première cantine-mobile, le Camion qui Fume (toujours en activité aujourd’hui), a ouvert à Paris en 2011, créant la tendance. Le phénomène s’est ensuite rapidement propagé dans la capitale, puis au reste de la France. Toutefois, « après l’engouement des années 2013-2014, leur nombre est passé de 750 sur le territoire national en 2014 à 250-300 aujourd’hui », note Bernard Boutboul, qui explique ce déclin par l’association de trois facteurs : « La levée de boucliers des syndicats de restaurateurs qui ont accusé les food trucks de concurrence déloyale, les municipalités qui ne souhaitent pas voir des camions pulluler dans leurs villes et la répression des fraudes qui dénonçaient des risques autour de l’hygiène dans les camions ». « Les food trucks ont dû faire face à trois vents contraires qui ont limité leurs capacités de développement dans les grandes villes », résume le président de Gira. 

Mauvaise volonté des mairies

Mais des « trois vents », c’est surtout le manque de soutien, voire l’opposition des mairies, qui a stoppé le développement des food trucks. Paris ne fait d’ailleurs pas exception. « La mairie a effectivement fait un appel d’offres pour octroyer des emplacements à des food trucks. On y croyait au début. Cependant, ces emplacements n’étaient clairement pas les plus touristiques et stratégiques de la capitale », déplore Bernard Boutboul.

« Loin des lieux touristiques, il a été difficile aux food truckers d’être rentables. La municipalité aurait typiquement pu suivre l’exemple de New York. Il y a six ans le maire a décidé de réserver cinq avenues entières à plus d’une trentaine de food trucks, en échange du paiement d’un loyer. Et tout cela a parfaitement fonctionné », regrette Bernard Boutboul. 

Périphéries et événements 

Comprenant qu’ils n’étaient pas les bienvenus dans les centres-villes, les food trucks se sont repliés sur les périphéries, voire sur les zones rurales, où ils disposent de plus d’espace et ne souffrent pas de la concurrence des restaurants. «En ville ce n’était même pas la peine ! Les kebabs et autres fast-foods raflaient tous les clients. Ici, au contraire, les étudiants ne voient que moi. Ils sont contents de me trouver, et moi je me fais un plaisir de les servir », raconte Eddy, qui vend pizzas et paninis sur le campus de l’université d’Orléans.

Autre solution pour les food truckers, se limiter aux événements. Quelque soit l’occasion, rencontre sportive, festival, concert, événements privés (mariages, anniversaires, …), il n’est pas rare désormais de voir des food trucks s’occuper de la restauration. Branchés et pas nécessairement plus chers, ils ont tendance à remplacer les traiteurs. 

« Je délocalise mon restaurant dans mon camion le temps de festivals ou de matchs de foot. J’en fais environ toutes les semaines, explique Sébastien, propriétaire d’un restaurant antillais en banlieue parisienne qui a souhaité investir dans un food truck. C’est vraiment rentable parce que cela me permet d’avoir un complément de revenu absolument non négligeable. Je peux me faire entre 300 et 900 euros par événement ».

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