Le football français attire les investisseurs étrangers

Le football français attire les investisseurs étrangers

L’olympique Lyonnais devrait être racheté par Eagle Football Holding LLC, le fonds d’investissement de l’homme d’affaires américain John Textor. Saint-Étienne et Le Havre sont également courtisés par des investisseurs américains. 

Investissements logiques

Pour Magali Tézenas du Montcel, directrice générale de Sporsora, l’intérêt des investisseurs étranger pour le football français est tout à fait légitime. « Cette offensive en règle des Américains n’est pas si surprenante. Elle confirme cette culture anglo-saxonne du sport business, avec des représentants habitués à des rachats et qui ont parfaitement mesuré l’attractivité du football français », avance-t-elle. D’autant que les clubs français ne coûtent rien en comparaison de leurs concurrents anglais, allemands et espagnols, dont la valeur se chiffre en milliards d’euros. 

Toutefois, « les prix accessibles n’expliquent pas tout, nuance Magali Tézenas du Montcel. Après un examen minutieux du paysage, les fonds d’investissement savent que le football français s’appuie sur des stades à l’accueil satisfaisant, fait émerger des quantités de joueurs talentueux, via les centres de formation, et recense des communautés de supporteurs dynamiques ».

Cas de l’OL

Eagle Football Holding LLC devrait débourser environ 800  millions d’euros pour s’offrir l’olympique Lyonnais, actuellement détenu par Pathé et IDG Capital à hauteur de 20 % chacun, et par Holnest, le holding familial du président de l’OL, Jean-Michel Aulas, à hauteur de 60%. 

Mais il faut dire que l’OL a de quoi séduire comparé aux autres club français. En effet, il s’agit du seul club français à disposer de son propre stade, le Groupama Stadium, inauguré en 2016, et également du seul club français à être côté en bourse, et ce depuis 2007. Le club lyonnais peut également compter sur son dirigeant Jean-Michel Aulas, sous le règne de qui il a gagné sept titres de champion de France.

« Les fonds d’investissement ont tout intérêt à s’appuyer sur certaines personnalités en place et à préserver les écosystèmes, explique Benjamin Abitbol, directeur au sein du cabinet EY-Parthenon.  Le choc des cultures entre des acteurs purement financiers et un tissu économique local, voire un patrimoine historique, est un risque à prendre en compte. Il faut donc pouvoir l’atténuer ».

Stratégie du profit

Quel que soit le secteur économique dans lequel ils évoluent, les fonds d’investissement opèrent toujours de la même façon. Ils restent au plus une dizaine d’années et vendent au moment opportun, espérant dégager un maximum de profit. Le secteur du football ne fait pas exception à la règle. « D’une manière générale, les fonds arrivent avec une bonne idée de la stratégie à mettre en place. Ils entendent à la fois augmenter les revenus et travailler sur la base des coûts en optimisant les investissements », explique  Benjamin Abitbol. 

Les Américains ont conscience que « le football ne se limite plus aux résultats sur le rectangle vert, et avec l’afflux des données commerciales à exploiter, cette mutation va encore s’accélérer ». Ils gèrent les clubs comme des entreprises, en optimisant les stades même en dehors des temps de match, le plus souvent possible (concerts, spectacles, conférences, …). D’autres clubs d’y arrivent toujours pas. « Si prestigieux soient certains clubs en termes d’image, avec des palmarès éloquents et des footballeurs archiconnus, leur fonctionnement est parfois en décalage avec les nouveaux défis du sport business », note Benjamin Abitbol.

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