Le ton monte contre Uber

Le ton monte contre Uber

Les temps d’attente trop longs et les prix trop élevés ne cessent de faire croître la colère des usagers contre Uber. Les critiquent pleuvent depuis quelques semaines, tout comme les appels au boycott.

Indisponibilité des chauffeurs

Alors que la rapidité à trouver des chauffeurs était la marque de fabrique de l’enseigne, ceux-ci sont de plus en plus difficiles à contacter. « L’autre jour, je suis sorti de la gare Montparnasse, il n’y avait pas un seul Uber. Il y avait juste un message “indisponible” affiché sur l’application alors que je n’allais pas loin », témoigne une jeune parisienne nommée Emma. « Je trouve qu’il y en a de moins en moins. À chaque fois que j’en commande maintenant, il y a beaucoup trop de temps d’attente », déplore-t-elle. 

« Je ne prends presque plus d’Uber. Le temps d’attente est extrêmement long et ça devient très cher. Au final, seuls quelques chauffeurs sont dans le secteur et beaucoup n’acceptent pas la course si elle est assez courte », abonde Benjamin, un autre jeune parisien. 

« Certains chauffeurs acceptent puis annulent les courses ce qui génère des temps d’attente rallongés », explique de son côté Uber, rappelant que « les chauffeurs sont pleinement libres de décider des courses qu’ils souhaitent réaliser » et qu’ «ils peuvent ne pas accepter des commandes proposées par Uber comme ils en connaissent à l’avance la destination et le tarif ».

Courses trop chères

Pourtant « les temps d’attente actuels ne sont pas dus à une pénurie de chauffeurs. Ces derniers en ont juste marre d’être mal payés », assure Ben Ali Brahim, secrétaire général de l’intersyndical VTC.

Mais si les courses sont trop chères et que les chauffeurs sont mal payés, où va l’argent  ? Pas dans les poches d’Uber selon Grégoire Leclercq, fondateur de l’Observatoire de l’Ubérisation. « Nous sommes dans une période très difficile pour Uber  : d’un côté, ils veulent satisfaire le client ; de l’autre, ils ne veulent pas trop taper sur les indépendants, qui essayent de gagner leur vie », explique l’expert.

La fuite d’argent viendrait plutôt des frais externes. « Les chauffeurs sont beaucoup plus structurés qu’avant mais connaissent une situation financière beaucoup plus périlleuse depuis le Covid. Ils subissent eux aussi les hausses du coût de l’essence, des mutuelles, et des coûts de la vie. Ils ont ainsi davantage de revendications, et n’acceptent donc pas toutes les courses », estime Grégoire Leclercq.

Quelques solutions

Pour contenter ses clients avant qu’ils ne claquent définitivement la porte (ou désinstalle l’application), Uber a indiqué avoir mis en place « des incitations financières pour accroître l’attractivité des courses courtes qui sont souvent moins acceptées par les chauffeurs », ainsi qu’un « programme de promotions de 5€ à faire valoir sur une prochaine course ».

Et sur la hausse du prix des courses aussi l’enseigne a des cartes à jouer. «Uber peut prendre à sa charge la différence de surcoût, baisser le prix de la course ou augmenter la part qui revient aux VTC », suggère Grégoire Leclercq. 

Mais selon Ben Ali Brahim, la faute revient avant tout aux usagers, qui détiendraient vraiment le pouvoir de changer les choses. « Uber est présent car ils ont créé une addiction pour les utilisateurs. Ce sont eux les grands responsables de la grogne », fustige le syndicaliste. 

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