Les superyachts ont le vent en poupe

Les superyachts ont le vent en poupe

L’année 2021 aura été l’année de tous les records pour les superyachts, qui sont de plus en plus gros, de plus en plus écologiques (pour certains) et surtout, de plus en plus nombreux. 

302 superyachts en 2021

« 2021 a été la meilleure année de tous les temps pour l’industrie », peut-on lire dans le rapport annuel du Super Yacht Times. « Les ventes de superyachts neufs de 30 à 40 mètres ont doublé et de ceux de 60 à 80 mètres ont quasi triplé ».

« L’activité commerciale a battu des records avec 302 superyachts de plus de 30 mètres vendus, contre 180 en 2020. Mais après cette surchauffe, nous devrions revenir en 2022 dans la moyenne observée avant la crise du Covid-19, avec des ventes oscillant entre 140 et 160 exemplaires », relativise tout de même Johan Pizzardini, directeur de la communication du Monaco Yacht Show. C’est entre autres lors de cet événement, organisé du 28 septembre au 1er  octobre, que seront exposés les 118 plus grands superyachts du monde.

Faible impact de la guerre en Ukraine

La tendance semble si bonne que les professionnels du secteur ne redoutent même pas les conséquences de la guerre en Ukraine, comme la fermeture du marché russe, par exemple. « Le marché du yachting est affecté (par la guerre), mais il ne dépend pas de la Russie qui représente 9  % du total », explique Johan Pizzardini. De plus, « tous les riches Russes ne sont pas sous sanctions. Mais les brokers sont réticents de traiter avec eux », ajoute un autre expert. 

La guerre en Ukraine a en revanche un impact certain sur le marché de l’occasion des superyachts. A titre d’exemple, Gibraltar vient de vendre aux enchères le superyacht de l’oligarque russe Dimitri Pumpianski, baptisé Axioma, pour la somme de 37 millions d’euros. La somme servira à rembourser les créanciers de l’oligarque. 

Nombreux détracteurs

Ces navires démesurés font grincer des dents tant par l’inégalité sociale que par l’ineptie écologique  qu’ils représentent. En effet, selon le CNRS, les 300 plus grands superyachts émettent environ 285 000 tonnes de CO2  par an, soit plus que certains petits Etats. Des défauts à tout de même mettre en balance avec les 250 000 emplois directs et indirects du secteur. Et pour faire pencher la balance dans leur sens, les industriels savent ce qu’il leur reste à faire. 

« À l’échelle mondiale, notre impact négatif est petit. Mais si nous voulons continuer à profiter des océans, notre secteur doit réduire son impact à zéro », comprend Robert Van Tol, directeur général de la Water Revolution Foundation (WRF). « Les chantiers doivent réduire leur empreinte carbone et être capables de proposer aux clients un choix vert, avec des superyachts, dont l’impact sur l’environnement est calculé sur l’ensemble du cycle de vie, de la conception à l’opération, en passant par la maintenance et le recyclage », précise le dirigeant. 

Cette transition est existentielle, selon un autre professionnel du secteur, qui ne veut pas louper le coche avec les jeunes nouveaux riches, plus soucieux de l’environnement. « Ils pourraient questionner l’intérêt de posséder un superyacht, ce qui serait plus dommageable pour la filière qu’une récession », explique-t-il. Ces nouveaux clients ne veulent « pas bronzer sur le pont de leur bateau en fumant le cigare », mais « par exemple embarquer des scientifiques pour des missions polaires ».

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