Le « dividende salarié » se précise

Le « dividende salarié » se précise

Cher au président de la République, ce système est censé permettre au gouvernement de s’extirper des débats concernant les superprofits des entreprises, la rémunération outrancière des grands patrons, et la rogne du pouvoir d’achat des Français.

Inclure les travailleurs

Emmanuel Macron a profité de son apparition sur France 2 fin octobre pour remettre cette idée au centre des débats. « Quand vous avez d’un seul coup une augmentation des dividendes pour vos actionnaires, alors l’entreprise doit avoir un mécanisme qui est identique pour les salariés. Ça ne marche pas si on donne trop aux actionnaires et que les travailleurs n’en voient pas la couleur », a insisté le chef de l’Etat. 

De son côté, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a rappelé que le partage de la valeur devait être « le grand chantier de la majorité ». Une volonté concrétisée par le ministre du Travail, Olivier Dussopt, qui a récemment invité les partenaires sociaux à entamer des négociations sur le sujet. 

Négociations difficiles

Il est essentiel de « généraliser le bénéfice de dispositifs de partage de la valeur pour les salariés, notamment dans les plus petites entreprises », et d’« orienter l’épargne salariale vers les grandes priorités d’intérêt commun », a invité le gouvernement dans un document d’orientation publié il y a quelques jours.

Mardi 8 novembre, organisations syndicales et patronales se sont donc retrouvées au siège du Medef pour discuter de la question, et se sont immédiatement rendues compte du fossé les séparant. Du côté des syndicats, on trouve que le gouvernement cherche à noyer le poisson. « La question des salaires est éludée alors que ce devrait être un axe central des discussions. On ne comprend pas qu’elle ne puisse pas être abordée », regrette Karen Gournay, de Force ouvrière.

Un élargissement (sur les salaires) inconcevable pour le patronat. « On s’attendait à cette demande, mais c’est hors de question qu’on empiète sur le travail qui est déjà entamé dans les branches et dans les entreprises », s’insurge Éric Chevée, vice-président de la CPME (confédération des petites et moyennes entreprises). « Pour partager la valeur, il faut avant tout en créer », abonde François Asselin, président de la CPME.

Plus vite que la musique

Mais alors que les négociations s’annoncent ardues, le gouvernement met d’ores et déjà la pression sur les partenaires sociaux, en prévoyant dès aujourd’hui la tenue d’une « grande conférence sur le partage de la valeur ». « On a la très mauvaise impression que notre travail ne sera pas pris en compte et qu’une nouvelle fois le gouvernement fera cavalier seul », s’inquiète un syndicaliste.

« Quand une entreprise a de quoi verser des dividendes, elle doit récompenser ses salariés », résume ainsi Bruno Le Maire. Mais la situation semble moins évidente du côté des patrons. « L’idée du dividende salarial nous semble complètement saugrenue, fustige Eric Chevée, sauf si on nous explique ce que ça pourrait être. Mais on rejette cette dénomination qui n’a aucun sens ». 

D’autres comprennent et acceptent l’idée, qui existe toutefois déjà, selon eux. «  Il y a trois systèmes qui permettent de faire ça: l’intéressement, la participation et la prime Macron », estime Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef.

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