Les mascottes des JO sont fabriquées en Chine

Les mascottes des JO sont fabriquées en Chine

Les mascottes des Jeux olympiques de Paris 2024 représentant le bonnet phrygien de Marianne, les « Phryges », sont en grande partie confectionnées en Chine. Intolérable pour la Fédération Indépendante du Made in France, qui appelle à relocaliser la production tant qu’il est encore temps, et au boycott des peluches. 

90 % de la production en Asie

Interrogé sur la question, le ministre de la transition écologique, Christophe Béchu, s’est montré optimiste. « Je veux croire qu’on a encore quelques mois avant que les Jeux olympiques ne se tiennent pour être capables de corriger le sujet », a-t-il déclaré mardi. 

Mais les professionnels du secteur sont plus réalistes. Le créateur de l’entreprise Doudou et compagnie, Alain Joly, rappelle que sur les 1,2 million de « Phryges » que sa société doit produire,  200 000 seulement seront produites en France ( par trente salariés, à hauteur de 700 000 par jours, en Ille-et-Vilaine). Toutefois, « ce chiffre pourra augmenter suivant la demande des clients », rappelle le groupe, qui reconnait que les JO représentent « un formidable accélérateur pour la société et démontre notre volonté de réindustrialiser de manière pérenne la production de jouets en peluche sur le territoire national ».

2 millions de « Phryges » devant être produites au total, un autre acteur se chargera de la confection des 800 000 restantes. Il s’agit de l’entreprise française Gipsy Toys, dont la production a été délocalisée en Asie dans les années 1980 afin « de sauver son activité ». La Chine permet d’absorber « des quantités pharaoniques de peluches en un minimum de temps », explique Sandra Callahan, directrice générale de l’entreprise. 

Délocalisation inévitable

Les deux fabricants s’accordent donc sur le fait qu’il est impossible de se passer d’une délocalisation, même partielle, vers l’Asie. « La disparition du savoir-faire industriel de la peluche française au profit de l’Asie s’explique notamment par des problématiques d’approvisionnement de matière première en France et en Europe », détaille Alain Joly. 

« Aucune usine en France ne peut absorber de tels volumes », insiste Sandra Callahan, sans oublier que nous rencontrons en France des « difficultés de recrutement pour trouver des couturières avec plusieurs années d’expérience ». Une telle production est « irréaliste pour un événement éphémère », insiste la dirigeante. Un constat partagé par les organisateurs des JO : « Il faut intégrer les enjeux de long terme d’une filière au-delà de la surproduction ponctuelle liée aux Jeux ».

« J’adorerais, et on se bat pour ça, qu’en France, on soit capable d’avoir suffisamment de matières premières et d’usines textiles pour fabriquer deux millions de peluches en quelques mois. Le constat c’est qu’aujourd’hui on ne sait pas faire », a pour sa part reconnu le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran. 

Appel au boycott

Mais les arguments des fabricants sont loin de convaincre Amandine Hesse, présidente de la Fédération Indépendante du Made in France. « Il n’y a aucune raison valable de produire en Chine si ce n’est la recherche du profit, car nous avons les moyens de production sur le territoire français », proteste-t-elle. 

Il aurait « été possible d’avantager le “made in France” dans les marchés publics », insiste la présidente, prévenant que la Fédération allait « faire en sorte que les clients boycottent les peluches chinoises ».

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