Lent redécollage pour Boeing

Lent redécollage pour Boeing

Après trois années difficiles, l’avionneur américain semble repartir du bon pied. Il multiplie les contrats, et ses modèles d’avions sont certifiés les uns après les autres (ou recertifiés, pour ceux qui avaient perdu le droit de voler). Mais Boeing devra faire mieux s’il espère rattraper son concurrent, Airbus, qui jouit maintenant d’une bonne longueur d’avance. 

Déstockages massifs 

L’avionneur peut enfin vendre les avions construits, qui attendaient par centaines leur certification. « Le 737 Max est désormais recertifié partout dans le monde, y compris en Chine, note Rémy Bonnery, expert au cabinet Archery Strategy Consulting. Le déstockage des avions produits mais non livrés pendant les mois d’interdiction de vol a été enclenché tout comme la remontée en cadence de production ».

Boeing a également signé d’importants contrats, notamment avec la compagnie américaine United Airlines, qui lui a commandé 200 long-courriers 787. « Cela annonce une accélération du déstockage des avions déjà produits, qui représentent autour de 15 milliards de dollars de cash immobilisés », explique Rémy Bonnery.

Retard accumulé face à Airbus

Pour redémarrer, Boeing a préféré jouer la carte de la sécurité, en misant sur ses modèles d’avions déjà existants. Un choix fait au détriment de son secteur recherche et développement, qui pourrait bien coûter cher à l’avionneur. 

« La décision de David Calhoun, le PDG de Boeing, de ne pas investir dans un nouvel avion laisse le champ libre à Airbus pour quasi dix ans sur ce marché. Cela, dans un contexte où Airbus domine déjà depuis 2019, notamment grâce à l’A321neo, analyse Pascal Fabre, managing director au cabinet AlixPartners. Cette domination va sans doute s’accentuer avec le lancement attendu d’un A220-500, qui défiera les plus petits Max 7 et 8. À moyen terme, Airbus, qui contrôle 60  % du marché des moyen-courriers, va certainement encore creuser l’écart et détenir au moins 70  % du total ».

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