La chasse aux trottinettes est ouverte 

La chasse aux trottinettes est ouverte 

Un peu partout à travers le monde, des voix s’élèvent pour protester contre la prolifération des trottinettes électriques, jugées trop dangereuses. Des grandes villes comme Barcelone et Valence ont déjà pris des décisions radicales, tandis que Paris s’apprête à trancher. 

« C’était trop dangereux »

Dans plusieurs villes espagnoles, les trottinettes sont interdites depuis quelques années déjà. A Valence par exemple, la commune a prononcé l’interdiction de ces engins en libre-service en 2019 après que l’opérateur Lime se soit installé dans la ville sans autorisation. « Nous avons voulu protéger l’espace public. Elles étaient laissées à l’abandon sur les trottoirs, par terre et c’était trop dangereux », explique Giuseppe Grezzi, adjoint au maire chargé de la mobilité durable et de l’espace public à Valence.

La municipalité a ensuite confirmé sa décision en 2021, en interdisant toutes les trottinettes (et plus seulement celles en libre-service) sur l’ensemble de son territoire. « La décision a été prise par le Maire en accord avec ses conseillers de les interdire », explique l’adjoint. « On a reçu des réactions négatives critiquant le fait qu’on allait à l’encontre de la modernité. Mais avec le recul, pour nous, cela a été la meilleure chose à faire pour préserver l’espace public », ajoute-t-il.

Même son de cloche à Barcelone, où les opérateurs de trottinettes électriques en libre-service sont tous interdits. « Nous voulions trouver une formule qui réglementerait cette activité dans l’espace public, garantissant un équilibre entre les externalités produites par leur utilisation de l’espace public, le bénéfice du changement modal et la rentabilité des entreprises. Pour le moment, aucune formule garantissant ces trois aspects n’a été trouvée », explique la mairie de Barcelone, Ada Colau.

La France divisée

En France, les choix sont différents selon les communes. La communauté d’agglomération Grand Paris Seine Ouest (GPSO), qui regroupe les communes de Boulogne-Billancourt, Chaville, Marnes-la-Coquette, Vanves, Issy-les-Moulineaux, Ville-d’Avray, Meudon et Sèvres, a par exemple décidé en 2019 de ne pas autoriser les trottinettes en libre-service.

« Il y avait le problème de leur stationnement, mais aussi l’aspect sécuritaire avec la peur que certains utilisateurs roulent sur les trottoirs », explique Pierre-Christophe Baguet, maire de Boulogne-Billancourt et président de GPSO. Une décision loin de faire l’unanimité. « On recevait une telle pression sur les réseaux sociaux qu’on s’est reposé la question mais on a choisi de conserver cette interdiction », précise l’élu.

Mais c’est la commune de Montélimar qui est allé la plus loin en la matière, en interdisant toutes les trottinettes électriques, même personnelles. « Nous avons fait ce choix à la suite de réunions de quartiers durant lesquelles les restaurants, les commerçants et les habitants du centre-ville nous indiquaient que les trottinettes roulaient trop vite et que ça pouvait être très dangereux », explique le maire de la ville, Julien Cornillet. 

En ce qui concerne Paris, enfin, la décision sera prise le 2 avril prochain, suite à une votation soumise aux Parisiens. « Une question très simple leur sera posée  : continue-t-on ou pas avec les trottinettes en libre-service  ? », a fait savoir la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui ne cache pas sa volonté personnelle d’être débarrassée de ces engins. 

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