Le Crédit Mutuel voit plus vert 

Le Crédit Mutuel voit plus vert 

La banque vient d’annoncer que 15 % de ses profits financeront des projets pour lutter contre le réchauffement climatique et en faveur de la solidarité. L’initiative ne devrait pas impacter la rentabilité de la banque. 

500 millions d’euros 

« Pour une entreprise, il n’existe pas aujourd’hui de stratégie tenable sans la mise en place d’une  stratégie environnementale et solidaire », estime Nicolas Théry, président du Crédit Mutuel Alliance fédérale (CMAF), qui regroupe 14 des 18 fédérations régionales du Crédit Mutuel ainsi que le CIC.

La banque n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai. « Nous avons beaucoup expérimenté et innové. Aujourd’hui, nous souhaitons donner une forme pérenne, simple et vérifiable à nos actions en créant un dividende sociétal », poursuite Nicolas Théry. Nous consacrerons donc 15  % de notre résultat net, soit 500  millions d’euros pour l’année 2021, à des projets liés à  « la révolution environnementale et solidaire », se félicite le dirigeant. 

« Nos administrateurs ont voté à l’unanimité en faveur de ce projetCe n’est pas un gadget, mais l’alignement complet de la stratégie de l’entreprise autour de l’investissement écologique, de l’intégration des clients et des sociétaires, insiste Nicolas Théry. Au cours des cinq prochaines années, nous allons y consacrer au moins deux milliards d’euros. Cet argent aurait normalement abondé nos réserves de fonds propres ».

Servir d’exemple

Dans le détail, la moitié du dividende sociétal sera placée dans un fonds à impact, « sans objectif de rentabilité financière, le seul critère étant la plus-value environnementale et solidaire ». La solidarité est également au coeur de notre projet « car la révolution climatique créée de nombreuses inégalités », rappelle Nicolas Théry. Ensuite, un tiers du dividende sociétal servira à concevoir des « produits bancaires et d’assurance inclusifs », pour aider les clients les plus précaires, et le reste de la somme sera consacré au mécénat d’associations et ONG.

Le dirigeant est tant convaincu de par initiative qu’il espère servir d’exemple à ses pairs. « L’avantage du dividende sociétal est qu’il peut être adopté par tous. Des entreprises mutualistes à celles cotées en Bourse qui distribuent des dividendes à leurs actionnaires », insiste-t-il.

Pas d’impact sur la rentabilité

Nicolas Théry va plus loin, assurant qu’« une entreprise ne peut pas être prospère dans un monde qui ne le serait pas. 2023 est presque la meilleure année pour créer un dividende sociétal car avec le risque de récession et le choc inflationniste qui se diffuse à l’ensemble de l’économie, il faut recréer des mécanismes de partage de la valeur au niveau des clients et des sociétaires ».

Mais bien que nécessaire, le dirigeant affirme que le dividende sociétal ne pèsera pas sur la rentabilité du Crédit Mutuel. « 15  % du résultat net, cela correspond peu ou prou à la baisse de l’impôt sur les sociétés de ces dernières années », pointe-t-il. « Nous allons (donc) maintenir une efficacité opérationnelle totale, avec notamment le meilleur coefficient d’exploitation des banques françaises ».

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