Réconcilier bien-être au travail et performance économique

Réconcilier bien-être au travail et performance économique

Par Fatima Bellaredj et Jacques Landriot

Tout a-t-il été dit sur la quête de sens et le bien-être au travail ?

Il est vrai que depuis quelques années, ces deux sujets de préoccupation majeure, pour les plus jeunes et les moins jeunes, font couler beaucoup d’encre. Si réussir l’équation parfaite entre vie privée et vie professionnelle n’est pas chose aisée, il existe un modèle où les injonctions économiques n’ont pas réussi à effacer la place de l’humain dans l’organisation de l’entreprise et le partage des richesses. Et je ne parle pas ici de babyfoot ou de roof-top, mais des sociétés coopératives !

Notre Mouvement – Scop et Scic – vient de terminer une enquête sur la situation économique des coopératives à fin 2022, elle sera publiée prochainement. Elle nous révèle déjà que 90 % des salariés des coopératives estiment travailler dans un bon – voire très bon – climat de confiance. Un marqueur fort du bien-être au travail qui nous encourage à promouvoir notre modèle auprès de tous les acteurs de la vie économique. D’ailleurs 81 % des Scop ne connaissent pas le phénomène de « grande démission » dénoncé régulièrement dans les médias, même au sein des membres de la direction. Alors qu’ailleurs la situation se complique, 58 % des cadres pensent « parfois » à démissionner et 24 % « souvent »*. Nous nous félicitons de la singularité des Scop dans ce contexte démissionnaire. Si nous n’échappons pas aux difficultés de recrutement, nous savons fidéliser et impliquer nos salariés. Et ça change tout !

Et si les sociétés coopératives réussissent là où d’autres modèles échouent, c’est parce que l’humain est au cœur de notre ADN. Chez nous, les impératifs économiques n’excluent pas les valeurs humaines et la gouvernance partagée fait toute la différence. Concrètement, cela signifie moins de désengagement, de stress, d’absentéisme, moins de burn-out ou d’arrêt maladie et donc plus d’implication. A l’heure du post Covid, rappelons que l’employeur est tenu par la loi de tout mettre en œuvre pour préserver la santé physique et mentale de ses salariés. Selon l’INRS, la notion de bien-être au travail s’appuie sur le ressenti de l’individu sur son environnement de travail, sa satisfaction et l’épanouissement qu’il peut en retirer. Cette approche résonne au sein de nos entreprises coopératives.

En juillet 2021, une étude** menée par des chercheurs au sein des coopératives, révélait que le bien-être y est assez élevé notamment grâce au très fort sentiment d’empowerment. Les collaborateurs interrogés lui allouaient alors la note de 8,32/10. Ces derniers estimaient avoir un pouvoir effectif sur leur environnement professionnel. Plus récemment en avril 2022, nous avons conduit la seconde édition du baromètre*** sur l’entreprise de demain auprès de salariés et dirigeants d’entreprises françaises. Clairement, la rémunération et le bien-être des salariés sont deux dimensions importantes pour 95 % des sondés ! On y apprend également que 43 % des salariés n’ont jamais été consultés par leur entreprise sur les décisions opérationnelles ou stratégiques… Un chiffre inapplicable aux sociétés coopératives, puisque les décisions stratégiques sont votées en assemblée générale selon le principe « 1 personne = 1 voix », quel que soit le capital détenu.

La pertinence du concept de citoyenneté économique

L’addition de tous ces atouts forment le concept de citoyenneté économique. Et nous portons la conviction au sein du Mouvement coopératif que la citoyenneté économique a un bel avenir devant elle .

Agir sur la qualité des conditions de travail contribue à améliorer efficacement la performance des salarié.e.s, en témoigne ce salarié d’une Scop : « Notre fonds de réserve étant alimenté par 75 % de nos bénéfices nets chaque année, nous avons su constituer une trésorerie solide permettant d’assurer les salaires en cas de baisse d’activité. Nous sommes sereins face à la crise. En plus, l’implication des salariés au sein de notre Scop donne une image positive en interne mais aussi vis-à-vis de nos clients qui nous font confiance ! »

La nouvelle génération de travailleurs aspire à plus de sérénité, plus de sens dans le travail, mais aussi à plus d’autonomie et d’initiatives. Il faut libérer le pouvoir créatif de cette jeunesse désireuse de créer des entreprises en leur donnant les clefs du modèle coopératif, à savoir le principe d’une « personne=une voix » et une répartition des bénéfices au profit de ceux qui y travaillent. Au sein des Scop, on considère l’humain comme LA colonne vertébrale de l’entreprise et le collectif comme le meilleur des moteurs. Le bon sens social, économique et environnemental porté par les Scop et les Scic est la meilleure des réponses aux nouvelles attentes des salariés en matière de bien-être au travail.

* Baromètre IFOP pour l’entreprise Mooncard publié le 8 décembre,

**Etude réalisée auprès de dirigeants et salariés de Scop et de Scic sur le bien-être au travail au sein des coopératives
*** 2e Baromètre de l’entreprise de demain par la Confédération générale des Scop et des Scic avec OpinionWay

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